Body Positive

Les leçons self love tirées pendant le confinement

6 mai 2020
Femme tenant une pancarte "Stay Inside"

Vous l’avez probablement ressentie. Cette pression que l’on nous a mise pour avoir un «summer body» pendant la quarantaine, ou les memes parlant de ne pas prendre de poids pendant cette période. Tout cela peut paraître amusant et ludique, mais en réalité, cela renvoie inconsciemment à des messages négatifs et nous confine à une productivité excessive, voire à une grossophobie induite.

« Profitez de ce confinement pour prendre de nouvelles habitudes », « mettez-vous au sport pour être au top lors du déconfinement », « commencez un régime » … les injonctions, ce n’est pas ce qui nous a manqué durant ce confinement. Pourtant, la question que nous aurions dû nous poser avant tout était surtout : « est-ce que vous allez bien ? ».
Cette question qui semble banale est en fait forte d’implications. Au-delà des objectifs corporels, elle nous invite à nous questionner, à nous écouter, à nous concentrer sur ce que l’on ressent vraiment et à poser un constat sur notre état de santé mental autant que physique. Cet aspect est ô combien important en ces temps où l’on s’est retrouvés plus que jamais confrontés à nous-mêmes !
D’ailleurs, passons de ce pas à la conclusion self-love de ce confinement, ou plus généralement aux leçons que l’on peut en tirer.

Exit les diktats !

Qui aurait cru que pendant ce confinement, on aurait appris à s’aimer ? Cette période pas si joyeuse aura au moins eu le mérite de nous avoir permis de nous questionner sur les normes de beauté.

D’abord, il y a eu la première vague. A coups de posts sur « le nombre de kilos qu’on penserait avoir pris à la fin du confinement », d’alertes faussement bienveillantes sur les changements de notre régime alimentaire et d’articles de magazines « conseils pour garder la ligne » nous avons subi le diktat de la bien-bien-pensance (d’Instagram en tête de course) au point même de remettre en question le rythme que nous avons adopté naturellement dans notre quotidien bouleversé.

Certainement épuisées d’être culpabilisées sur leur poids à la moindre occasion, des voix ont commencé à s’élever pour protester contre cette injonction.
Non, la prise de poids n’est pas la chose la plus grave à considérer lors d’une crise sanitaire.
Non, prendre du poids n’est pas la pire des choses qui puisse arriver à un être humain.
Non, prendre du poids ne veut pas dire que vous vous « relâchez ».
Et non, le corps idéalisé par l’industrie n’est ni une norme, ni un goal pour tout le monde.
Pour revendiquer cet état d’esprit, la seconde vague (résolument body positive) a vu fleurir de nombreux posts « coups de gueule », mais également des initiatives d’appréciation du corps et de déculpabilisation, comme le fait de se prendre en photo devant le miroir avec un message self-love écrit dessus.

Au-delà de la revendication, constater que ces simples remarques ont suffi à ébranler nos petites victoires sur la représentation nous aura fait prendre conscience d’à quel point il est important de ne pas relâcher la lutte contre un idéal de beauté unique. Cela nous a également permis de nous questionner : cette fixation sur notre apparence est-elle saine ? Est-il normal de sans cesse tout ramener à notre poids ? La peur de devenir gros » est-elle une projection cachée d’une grossophobie ?

Des challenges pour plus de self love.

En effet, le confinement a entraîné de nombreux défis de beauté et de mode, du pinceau challenge au pillow challenge. Cependant, certains instagrammers ont profité de cette période pour apprendre à s’aimer, à aimer leurs poils, à aimer les sourcils broussailleux … et être plus positifs concernant leurs corps ! Laissez-nous vous montrer quelques initiatives qu’on a adoré.

#SELFLOVEDANCECHALLENGE

Noomi Rubeksen a lancé le #selflovedancechallenge pour mettre en valeur toutes les femmes. Surtout pendant cette période où nous sommes trop durs avec nous-même que ce soit physiquement ou émotionnellement.

« N’ayez pas peur de vous aimer, de vous montrer ou d’être vous-même ! Vous êtes belle donc mettez un bikini ou un sous-vêtements et venez nous rejoindre! Ce challenge va vraiment booster votre en confiance en soi. « 

#SUNDAYGIRLCHALLENGE

Le compte Sunday Morning View lance le défi de vous montrer avec et sans maquillage. L’idée est de promouvoir la beauté naturelle des femmes et le self love

#MISSQUARANTINE2020

L’influenceuse Anna OBrien a mis en place un concours de miss quarantaine 2020. Le but est de se prendre en photo à la maison. Le message véhiculé est qu’on peut être belle et prendre soin de soi même pendant le confinement.

On a donné au bien-être la place qu’il mérite

Empêtrés dans nos quotidiens de quatrième vitesse et face à toutes nos obligations, notre premier réflexe est de supprimer tout ce qui nous paraît « superflu », ce qui nous amène donc à négliger nôtre bien-être en priorité, même lorsqu’on identifie parfaitement le besoin de prendre un temps pour se recentrer.

Durant le confinement, la plupart d’entre nous a donc profité de l’occasion pour laisser plus d’espace à son soi. Pour certains, cela consiste simplement à faire du Netflix & chill. Pour d’autres, il s’est agi de prendre du temps pour soi en s’occupant de son corps, encore en pratiquant la médiation ou en passant du temps en famille.
Quelle que soit la méthode utilisée, l’essentiel est que cela vous permette de vous sentir mieux et vous donne l’impression que vous vous faites du bien ! Toujours est-il qu’en intégrant cette pause self-love dans notre quotidien, on aura saisi l’importance de se sentir aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et peut-être, de répéter cela à l’avenir.

La course à la productivité ? On a déclaré forfait !
(et qu’est-ce que ça fait du bien)

Replaçons les choses dans leur contexte : le confinement a été mis en place pour prévenir la propagation d’un virus potentiellement mortel dans la population … rien de plus.
Pourtant, le premier réflexe de pas mal d’entre nous aura été de vouloir absolument « meubler » notre temps durant le confinement. Était-ce par peur de s’ennuyer ? Par peur de perdre son temps ? Par manque de distinction entre temps personnel et télétravail ? Toujours est-il qu’être productif est devenue notre principale obsession, poussée encore une fois par les appels à la productivité sur les réseaux sociaux. Entre notre yoga matinal de 6h, nos nouvelles recettes de cuisines à 13h, les webinars prévus à 18h et cette promesse que l’on s’est fait de rattraper tout ce que nous avons toujours décalé, il y a de quoi perdre la tête … slow down !

Après l’engouement des premières semaines, on s’est enfin rendus à l’évidence : ne rien faire, c’est aussi prendre soin de soi, et puis tant pis si les autres nous jugent sur notre manque d’activité ! Quel est l’objectif de cette course à la productivité ? L’important, c’est de se focaliser sur ce que l’on peut faire d’utile durant cette période de crise (d’ailleurs, rester chez soi en était le premier moyen !) et essayer au mieux de d’adopter un rythme sain. C’est déjà bien assez.

La lutte contre la grossophobie n’a plus de secrets pour nous.

Enfin, on en a appris de belles sur la grossophobie et surtout une belle leçon : ne jamais baisser la garde. La grossophobie est latente et n’attend que les bonnes occasions pour se manifester. Pour preuve, il aura suffi d’une décision de confinement qui n’avait aucun rapport avec le poids dans un premier temps pour que ce phénomène resurgisse.

La « peur d’être gros » est à notre avis (et cela n’engage que nous) ce qui a nourri la peur de prendre des kilos, et ces commandements sur notre alimentation. Implicitement, cela suggère que vous devez faire attention car devenir cette personne que personne ne veut devenir n’a jamais été aussi proche et à votre portée.

Oui, cela peut paraître cruel dit comme ça. C’est pourtant ce que cela sous-entend, et c’est en cela que c’est si insidieux : puisqu’on ne vous le dit pas clairement, vous ne pouvez le reprocher à personne sous peine de paraître alarmiste. Cela laisse donc toute la liberté au grossophobe de nier cette intention.

Pour aller plus loin, vous trouverez ici de beaux conseils pour repérer la grossophobie non-assumée.

Quant à nous, on vous dit à très vite !

Vous aimerez aussi

Pas de commentaires

Laisser un commentaire